La courbe de précision-rappel permet de voir l’évolution simultanément de la précision et du rappel selon le seuil de confiance. Elle est construite de manière très spéciale.
Comment la construire ? Cette courbe est construite point par point car une troisième dimension est cachée, le seuil de confiance.
On commence par le point le plus à gauche : ce point correspond à la valeur de la précision et du rappel lorsque le seuil de confiance est à 1.
On trace ensuite celui juste à sa droite : on prend le seuil 0.99 et on calcule la précision et le rappel depuis la matrice de confusion. Et ainsi de suite.
À l’inverse, comment la lire ? Prenons le point où le seuil de confiance est à 0.5 (si on prend la courbe à ses extrémités avec nos doigts et qu’on la tend, ce sera le milieu), on peut lire qu’à ce seuil, la précision est de 0.65 et le rappel à 0.67 (approximativement).

À retenir : plus la courbe monte dans le coin en haut à droite, meilleur est le modèle (le modèle ici est plutôt mauvais, ne vous y referez pas).
Pour aller plus loin :
La courbe de précision-rappel est utilisée pour calculer une autre métrique que vous retrouverez à quelques endroits dans les résultats : Average Precision (AP). Cette métrique correspond à l’aire sous la courbe de précision-rappel. C’est la valeur décimal que l’on peut lire à côté du nom de la classe dans la légende.

Par extension la mAP correspond à la mean Average Precision donc à la moyenne des AP quand on a plusieurs classes (nous en reparlerons plus tard).
Quel est l'utilité de cette mesure ? Comme mentionné dans le point "à retenir", plus la courbe monte en haut à droite, meilleur est le modèle mais "monter en haut à droite" est subjectif alors l'Average Precision a été introduite pour quantifier à quelle point la courbe monte donc à quel point l'aire sous la courbe est grande. Donc plus la valeur de la AP ou de la mAP est grande, meilleur est le modèle.
Pour aller encore plus loin :
Juste après “mAP”, vous pouvez lire “@0.5” ce qui correspond à la valeur seuil pour “l’Intersection over Union” (IoU).
Pour comprendre ce que c’est, il faut le voir comme l’outil de vérification du modèle : le modèle prédit une boite pour englober un objet et d’autre part, il a la boite de vérité terrain. Mais il a besoin de quantifier si sa boite à lui est bien placée par rapport à l’endroit exact où elle devait être, donc on introduit un nouvel outil que l’on va expliquer, l'IoU.
Prenons ces deux boites :

La boite verte correspond à la vérité terrain et la boite orange a la prédiction du modèle. Elle n’est pas placée idéalement pourtant elle semble quand même englober le même objet.
Donc pour avoir une valeur attestant de la précision du placement de la boite, on va calculer le rapport entre l’intersection des deux boites et leur union, comme schématisé ci-dessous :

Il est nécessaire de choisir un seuil qui permet de rejeter ou garder une prédiction. Dans le cas précédent où on avait un seuil d'IoU à 0.5, cela revient à dire que si une boîte de prédiction ne recouvre pas la boite vérité terrain à au moins 50%, c’est qu’elle est mal placée donc non acceptée.
Quel est la différence entre la confiance et l'IoU ?
La confiance sert lorsque le modèle prédit alors que le seuil d'IoU sert lorsque le modèle vérifie ses prédictions.
Prenons le processus d'entrainement étape par étape :
Étape 1 : choix des valeurs des seuils de confiance et de IoU (arbitrairement) :
- seuil de confiance = 0.5
- seuil d’IoU = 0.5
Étape 2 : le modèle commence à s’entrainer, donc il regarde une image, puis fait des prédictions qui sont accompagnées chacune d’une confiance.
Étape 3 : d’après le seuil de confiance donné (0.5), le modèle accepte toutes les prédictions dont la confiance est supérieure et rejette les autres.
Étape 4 : vient ensuite la vérification des boîtes, donc comme pour le jeu des 7 erreurs de tout à l’heure, le modèle prend l’image avec les prédiction d’un côté et l’image avec la vérité terrain de l’autre puis compare. Chacune des boites prédites est comparée via l’IoU aux boites de vérité terrain, et si le ratio dépasse le seuil d'IoU (0.5), alors la boite est validée en tant que “vrai positif”. Sinon, si l’IoU est inférieure, la boite est rejetée mais comme elle avait passé le test de confiance, alors c’est une fausse alerte donc “faux positif”.
Étape 5 : enfin, une fois que tout est vérifié, les boites de la vérité terrain qui n’ont pas trouvé détection à leur pied se retrouve dans les “faux négatifs”.
La différence principale réside dans le fait que le seuil d'IoU ne sert que lors de l'entrainement car une fois déployé, le modèle ne se supervisera plus, il ne pourra pas. Alors que le seuil de confiance est crucial pour le déploiement du modèle.
L'étape 4 utilise la méthode de l'Intersection over Union comme juge de ses prédictions. Cette étape remplace une intervention humaine qui jugerait de la qualité de la prédiction.
Le schéma ci-dessous tente de synthétiser le processus d'entrainement d'un modèle :

Sachez que vous pouvez choisir votre seuil d'IoU, donc en fonction de la précision nécessaire à votre projet, prenez un seuil plus ou moins haut. Un bonne fourchette est [0.5; 0.8], Ultralytics conseille de prendre une valeur comprise dans cet intervalle.
Enfin, il existe une dernière métrique que vous pourrez observer plus tard : la mAP50-95. Elle consiste à calculer la mAP pour toutes les valeurs de seuils d’IoU comprises entre 0.5 et 0.95 avec un pas de 0.05 (donc : 0.5, 0.55, 0.6, ..., 0.9, 0.95) et à en faire la moyenne.
Cette métrique est particulièrement intéressante car elle est exigeante en termes de précision de placement de la boite donc en regardant l’évolution de cette valeur, on peut voir si notre modèle englobe correctement. C’est une métrique très commune dans l’industrie de la vision par ordinateur.
Le F1-score est la moyenne harmonique de la précision et du rappel en fonction du seuil de confiance, donc correspond à la formule suivante :

Cette courbe est utilisée pour trouver le seuil de confiance optimal pour déployer votre modèle.
Un des principaux avantages de cette mesure par rapport à la courbe de précision-rappel est sa sensibilité aux valeurs extrêmes. En tant que moyenne harmonique, le score F1 pénalise fortement les valeurs très basses. Un modèle avec une précision parfaite mais un rappel proche de zéro aura un score F1 très faible, ce qui n'est pas toujours flagrant en regardant simplement une courbe.
Cette courbe sert à trouver quel est le seuil de confiance optimal, c’est-à-dire celui qui permet de maximiser la précision et le rappel en même temps. Ce seuil est l’abscisse du maximum de la courbe comme dessiné sur la courbe ci-dessous :

On trouve donc ici qu’un seuil de 0.1 de confiance serait optimal pour maximiser rappel et précision en même temps. (C’est un très mauvais modèle mais c’est juste pour l’exemple!)
À retenir : l'abscisse du maximum offre une bonne option de seuil de confiance.
Lorsque la courbe F1 présente un plateau plutôt qu'un pic unique, le choix du seuil de confiance idéal dépend de vos objectifs spécifiques :

Priorité à la précision (éviter les faux positifs) : choisissez la valeur à l'extrémité droite du plateau (seuil plus élevé). Cela garantit que le modèle ne prédit que lorsqu'il est très sûr, minimisant les erreurs de détection.
Priorité au rappel (éviter les faux négatifs) : choisissez la valeur à l'extrémité gauche du plateau (seuil plus bas). Cela permet de capturer un maximum d'objets réels, quitte à accepter quelques fausses alertes.
Équilibre : Si aucune contrainte ne prévaut, le centre du plateau est souvent un choix robuste.