Lettre septembre 2018

Lettre pédagogique n°19

Chaque mois, cette lettre vous propose une sélection d'articles issus des revues de pédagogie universitaire (en français ou en anglais), de journaux grand public ou de blogs.


Annonce de colloques et séminaires

  • Conférence "transformation pédagogique" : une journée dédiée à la transformation pédagogique est organisée le 9 novembre à l'institut de botanique par de CSIP Muse.
    La matinée sera consacrée à des conférences, dont une sur l'apprentissage par problème. Cette conférence sera donnée par Yves Mauffette de l'UQAM et Patricia Cucchi de la Fds (BE).
    L'après-midi permettra d'approfondir ces nouvelles approches pédagogiques au cours d'ateliers.

    Le programme détaillé est disponible sur le site de l'UM. L'inscription est gratuite mais obligatoire via le site.

  • JIPES 2018 : les Journées nationales de l'Innovation dans l'Enseignement Supérieur auront lieu les 20 et 21 novembre à Paris. Inscription et programme sur le site.

Focus : "50% à la licence...mais comment ? Les jeunes des familles populaires à l'université en France"

Dans cet article, Yaël Brinbaum, Cédric Hugrée (voir le lien vers sa tribune du "Monde" dans la lettre de juin 2018) et Tristan Poullaouec analysent plusieurs trajectoires-type d’étudiants du supérieur, en fonction de leur parcours scolaire, de leur origine sociale et de leur origine migratoire.
Leur analyse permet de comparer ces trajectoires "toutes choses étant égales par ailleurs", par exemple à valeur scolaire initiale identique. Leur étude très riche montre par exemple le poids des premiers apprentissages (primaires et secondaires) : à la question "Un ancien bon élève du secondaire décroche‐t‐il moins souvent la licence lorsqu’il est issu des classes populaires ?", les auteurs répondent clairement non (88% des étudiants dans cette situation dont les deux parents sont employés décrochent une licence, contre 85% des étudiants des enfants de cadres et de professions intermédiaires).
Les auteurs vont jusqu'à écrire "Une fois arrivés en premier cycle universitaire, tout se passe donc comme si l’obtention de la licence par les bacheliers ne dépendait plus que des apprentissages réalisés dans les enseignements primaire et secondaire." Une étude particulièrement importante à l'heure où l'on fait peser sur la première année de la licence la charge de remettre à niveau tous les étudiants qui y entrent.

Articles

  • "Du savoir savant au savoir enseigné" : un article assez technique sous la direction d'une chercheuse en didactique des sciences mais qui parlera aux physiciens et aux autres scientifiques. En se basant entre autres sur une analyse lexicographique, les auteurs comparent les approches de deux enseignants de physique délivrant un cours en amphi sur des contenus identiques. Si la différence entre les deux approches dans l'évaluation immédiate (à la fin du semestre) des étudiants est nulle, les auteurs posent la question de l'influence à long termes d'approches différentes, en raison des différences de structuration des connaissances qu'elles induisent chez les étudiants.
  • "Pourquoi est-il si important de comprendre comment vos apprenants voient le monde et comment faire ?" : intéressant et pratique : sur la nécessité de baser son enseignement sur les connaissances et les conceptions initiales de ses étudiants. Des expériences menées sur 300 étudiants en physique ont montré qu'après avoir assisté à 22 expériences de physique, 20 à 40% d'entre eux étaient incapable de restituer correctement le résultat de ces expériences. En fait, même confronté aux expériences, beaucoup d'étudiants répondent avec la conception du monde qu'ils avaient avant les cours. L'auteur donne quelques pistes pour identifier ces conceptions erronées et les combattre.
  • "Promoting Nursing Students’ Chemistry Success in a Collegiate Active Learning Environment" : Un article paru dans "Chemical education" décrit la conception d'un cours de chimie spécifique aux non chimistes (des étudiants en soins infirmiers) pour améliorer la réussite et surtout l'acquisition sur le long terme des notions de base du cours. Quatre facteurs ont été pris en compte dans la conception de ce cours : l'attitude des enseignants, l'alignement pédagogique, une pédagogie active et des liens avec le domaine principal d'étude des étudiants. À l'heure où il est question d'implanter le système des majeures/mineures dans le cadre du LMD5, c'est une réflexion intéressante.
  • dossier de l'OCDE sur les recherches en neurosciences appliquées à l'enseignement. Seul un chapitre et le sommaire  sont accessibles en ligne mais le dossier est disponible à la BU Sciences (salles C, 612.82 COM).
  • Notre collègue Laurent Aldon a publié deux articles (article 1, article 2) dans lesquels il décrit comment il a introduit le jeu et l'utilisation d'un montage électronique dans son enseignement en sciences des matériaux.

Pratique

10 astuces (en anglais) pour concevoir des vidéos de cours : par exemple, des études ont montré que c'était la qualité audio qui primait sur la qualité de l'image et que la longueur optimale d'une vidéo est de 6 minutes.
Autre point important : si les vidéos sont un très bon moyen d'apprendre des techniques, des gestes, elles ne sont pas le moyen le plus efficace pour apprendre certaines choses comme des données chiffrées.

Modifié le: lundi 24 septembre 2018, 13:52